L'Alsace et la Route des Vins : Cités médiévales, traditions gastronomiques et patrimoine fortifié des Vosges
Inaugurée en 1953, la Route des Vins d'Alsace est la plus ancienne et sans doute la plus pittoresque des routes œnotouristiques de France. Sur plus de 170 kilomètres, de Marlenheim à Thann, ce ruban de vignes accroché aux coteaux sous-vosgiens égrène une succession féerique de cités fortifiées aux maisons à colombages multicolores, de châteaux forts en grès rose et de terroirs géologiques d'exception où s'épanouissent les sept grands cépages alsaciens.
- 1. La doyenne des routes des vins : 170 kilomètres d'harmonie entre Vosges et plaine du Rhin
- └ 1.1 L'effet de fœhn et le microclimat semi-continental le plus sec de France
- └ 1.2 La voie verte du vignoble : Cyclotourisme sur l'ancienne ligne de chemin de fer
- 2. Les cités médiévales joyaux : Colmar, Riquewihr, Eguisheim et Kaysersberg
- └ 2.1 L'art du pan de bois et la symbolique des couleurs des façades alsaciennes
- └ 2.2 Eguisheim et les remparts circulaires : Le berceau du pape saint Léon IX
- 3. Les sept cépages et la mosaïque des 51 Grands Crus : L'alchimie géologique
- └ 3.1 Du Riesling droit et minéral au Gewurztraminer épicé et opulent
- └ 3.2 L'Alsace, pionnière mondiale de la viticulture en biodynamie (Demeter, Biodyvin)
- 4. Les sentinelles de grès rose : Le Haut-Kœnigsbourg et la ligne de crête des Vosges
- └ 4.1 La restauration monumentale de Guillaume II à l'aube du XXe siècle
- └ 4.2 Les ruines romantiques des châteaux de Ribeauvillé et le Mont Sainte-Odile
- 5. Gastronomie généreuse et art de vivre rhénan : L'esprit inimitable des Winstubs
- └ 5.1 La choucroute d'Alsace IGP fermentée naturellement et le Baeckeoffe mijoté
- └ 5.2 Les fermes-auberges des crêtes vosgiennes et le repas marcaire traditionnel
- 6. Tableau comparatif : Villages étapes phares, coteaux Grands Crus, châteaux et festivités
- 7. Demeures alsaciennes de charme et connectivité : Hospitalité chaleureuse et multimédia haut débit
- 8. Foire aux questions (FAQ) sur les séjours et circuits sur la Route des Vins d'Alsace
1. La doyenne des routes des vins : 170 kilomètres d'harmonie entre Vosges et plaine du Rhin
Créée officiellement en mai 1953 à l'occasion d'un rallye automobile touristique reliant Marlenheim à Thann, la Route des Vins d'Alsace célèbre plus de sept décennies d'un succès touristique mondial ininterrompu. Longeant les contreforts orientaux du massif des Vosges sur une étroite bande de coteaux baignée de lumière, cette voie mythique traverse plus de 70 villages viticoles d'une perfection architecturale et florale sans équivalent en France.
1.1. L'effet de fœhn et le microclimat semi-continental le plus sec de France
Pourquoi la vigne prospère-t-elle avec une telle générosité sous une latitude aussi septentrionale ? La réponse est d'ordre orographique. Le massif vosgien, dressé à l'ouest comme une muraille naturelle culminant à plus de 1 400 mètres (au Grand Ballon et au Hohneck), arrête les perturbations humides venues de l'océan Atlantique. En franchissant la crête, les nuages déversent l'essentiel de leur pluie sur le versant lorrain, puis l'air redescend sur les coteaux alsaciens en se comprimant et en se réchauffant : c'est l'effet de fœhn.
Grâce à ce bouclier météorologique providentiel, Colmar affiche une pluviométrie annuelle de seulement 530 millimètres d'eau par an, ce qui en fait l'une des cités les plus sèches de France (comparable à Perpignan !). Ce climat semi-continental chaud, ensoleillé en été et très lumineux en automne permet aux raisins de mûrir lentement jusqu'en novembre, développant une richesse aromatique complexe et préservant une acidité noble indispensable à la longévité des grands vins de garde. Dans le prolongement de cette analyse publiée au sein de notre rubrique Tourisme en France, nos équipes rédactionnelles mettent également en lumière la renaissance patrimoniale et œnotouristique des Châteaux de la Loire ainsi que la régulation écologique des Calanques de Provence face à la surfréquentation.
1.2. La véloroute du vignoble : Cyclotourisme sur l'ancienne ligne de chemin de fer
Si la route se découvre traditionnellement en voiture, la véritable révolution touristique de ces dernières années réside dans l'aménagement de la « Véloroute du Vignoble d'Alsace » (EuroVelo 5). Aménagé en grande partie sur l'assiette d'anciennes voies ferrées désaffectées et des chemins d'exploitation viticole goudronnés, cet itinéraire sécurisé permet de pédaler au milieu des vignes sans croiser le moindre camion ni subir la circulation automobile.
Les cyclotouristes franchissent doucement les collines, s'arrêtent au pied des portes fortifiées des cités médiévales, rechargent leur vélo à assistance électrique (VAE) chez les vignerons indépendants et profitent d'un réseau dense d'hébergements labellisés « Accueil Vélo ». Ce slow tourism vert apaise les villages et permet une rencontre humaine chaleureuse et directe avec les familles de vignerons.
1.3. L'épopée fluviale rhénane et le commerce médiéval des nectars d'Alsace
Le rayonnement international des vins d'Alsace ne date pas d'hier : dès le Moyen Âge et tout au long de la Renaissance, la guilde des bateliers et marchands de vin de Strasbourg, Colmar et Riquewihr expédiait des milliers de foudres de chêne par voie fluviale sur l'Ill et le Rhin. Ces cargaisons prestigieuses frappées aux armes des corporations gagnaient les tavernes cossues de Francfort, Cologne, Anvers, Amsterdam et jusqu'aux banquets royaux d'Angleterre et de Scandinavie, établissant dès le XIVe siècle la renommée transfrontalière des crus rhénans.
Les archives de la corporation des vignerons conservent les traces de ces négociations serrées où les vins du piémont vosgien s'échangeaient contre les draps de Flandre, les épices d'Orient débarquées aux Pays-Bas et les métaux précieux des mines vosgiennes de Sainte-Marie-aux-Mines, cimentant une prospérité marchande qui permit de financer l'édification des splendides hôtels particuliers Renaissance que les touristes admirent encore aujourd'hui. À l'échelle transversale, ces transformations rejoignent directement l'attrait croissant des territoires français porté par le télétravail hybride et le slow living, un enjeu stratégique décrypté en détail par notre pôle Lifestyle.
2. Les cités médiévales joyaux : Colmar, Riquewihr, Eguisheim et Kaysersberg
Traverser la Route des Vins d'Alsace, c'est tourner les pages d'un livre d'histoire médiévale à ciel ouvert. Miraculeusement épargnées par les destructions des guerres grâce à la protection de leurs remparts de pierre, les cités vigneronnes ont conservé intact leur urbanisme serré des XVe, XVIe et XVIIe siècles.
2.1. L'art du pan de bois et la symbolique des couleurs des façades alsaciennes
L'identité visuelle de l'Alsace repose sur la technique virtuose de la maison à colombages (pan de bois en chêne assemblé à tenons et mortaises, chevillé de bois, dont les hourdis sont remplis de torchis d'argile et de paille). Les poutres apparentes ne sont pas disposées au hasard : elles forment des figures géométriques chargées de sens spirituel et corporatif. La croix de Saint-André évoque la foi et la fécondité ; le losange symbolise la maternité et le ventre de la mère ; tandis que la figure de l'« homme sauvage » (Mann) aux bras levés repousse les mauvais esprits.
Les couleurs éclatantes des façades racontaient jadis la confession religieuse et la profession des habitants : le rouge garance pour les artisans du cuir et du fer ; le bleu pastel pour les teinturiers et meuniers protestants ; le jaune ocre pour les boulangers et boulangères ; et le vert pour les cordonniers et tailleurs. À Colmar, dans le quartier des tanneurs et de la Petite Venise, ces maisons séculaires surplombant la rivière Lauch composent un tableau vivant d'une féerie inoubliable, magnifié en été par des milliers de géraniums lierres ruisselant des balcons de bois.
2.2. Eguisheim et les remparts circulaires : Le berceau du pape saint Léon IX
Élu à plusieurs reprises « Village Préféré des Français », Eguisheim présente un tracé urbain concentrique tout à fait unique. Le village s'est développé en trois anneaux d'enceinte circulaires successifs autour de son château octogonal central où naquit en 1002 Bruno d'Eguisheim-Dagsbourg, qui deviendra le grand pape réformateur saint Léon IX.
Flâner dans la rue du Rempart Sud au crépuscule, entre pavés polis par les siècles, oriels sculptés de la Renaissance, cours dimières dîmières et cigognes blanches claquetant du bec au sommet des toits pentus, transporte le voyageur dans une quiétude hors du temps, symbole éclatant de la préservation patrimoniale rhénane.
3. Les sept cépages et la mosaïque des 51 Grands Crus : L'alchimie géologique
Contrairement aux autres grandes régions viticoles françaises qui nomment leurs vins par leur terroir ou leur château d'origine (comme à Bordeaux ou en Bourgogne), l'Alsace a historiquement bâti sa renommée sur la mention fièrement affichée du cépage sur la flûte alsacienne traditionnelle (bouteille haute et effilée protégée par la loi). Sept cépages majeurs se partagent le vignoble : le Riesling, le Gewurztraminer, le Pinot Gris, le Muscat d'Alsace, le Pinot Blanc, le Sylvaner et le Pinot Noir (seul cépage rouge autorisé).
3.1. Du Riesling cristallin au Gewurztraminer flamboyant : L'expression du sous-sol
Ce qui hisse le vignoble d'Alsace au sommet de la viticulture mondiale, c'est l'incroyable complexité géologique de son sous-sol. L'effondrement du fossé rhénan à l'ère tertiaire a créé un champ de failles géologiques d'une hétérogénéité absolue : sur quelques kilomètres carrés, on passe sans transition de granites hercyniens primaires à des calcaires coquilliers du Muschelkalk, des grès roses des Vosges, des marnes kimméridgiennes ou des roches volcaniques sédimentaires.
Cette diversité géologique s'incarne dans les 51 terroirs classés en AOC Alsace Grand Cru :
- Le Rangen de Thann : Le Grand Cru le plus méridional et le plus pentu d'Alsace (pentes à 45° sur sol volcanique de tuf), conférant au Riesling et au Pinot Gris une minéralité fumée, tellurique et saline d'une puissance titanesque.
- Le Schoenenbourg de Riquewihr : Sur marnes et gypse du Trias, réputé depuis le XVIe siècle pour ses Rieslings d'une finesse aristocratique et son aptitude légendaire au vieillissement sur plusieurs décennies.
- Le Furstentum de Kientzheim : Sol marno-calcaire très solaire, produisant des Gewurztraminers d'une opulence baroque aux notes enivrantes de rose ancienne, de litchi, d'épices douces et de gingembre confit.
- Le Kastelberg d'Andlau : L'unique Grand Cru d'Alsace reposant sur des schistes primaires de Steige datant du Silurien (plus de 420 millions d'années), conférant au Riesling une signature minérale austère, fumée, d'une verticalité tranchante et saline inoubliable en bouche.
- Le Zotzenberg de Mittelbergheim : Terroir marno-calcaire exceptionnel, célèbre pour avoir réhabilité le cépage historique Sylvaner au rang suprême de Grand Cru, offrant des vins d'une rondeur savoureuse mariée à une fraîcheur florale persistante.
- Le Sommerberg de Niedermorschwihr : Coteau granitique vertigineux taillé en terrasses escarpées orientées plein sud, donnant naissance à des Rieslings d'une pureté cristalline éclatante aux arômes de pierre à fusil et de pamplemousse rose.
3.2. L'Alsace, pionnière mondiale de la viticulture en biodynamie
L'Alsace est la région viticole française affichant la plus haute proportion de domaines engagés en viticulture biologique et biodynamique (plus de 35% du vignoble). Sous l'impulsion de pionniers visionnaires comme Jean-Pierre Frick à Pfaffenheim, Olivier Humbrecht (premier Master of Wine français) au Domaine Zind-Humbrecht, ou le Domaine Weinbach à Kaysersberg, les vignerons ont banni dès les années 1990 tout engrais chimique, désherbant ou pesticide de synthèse.
En appliquant les préparations biodynamiques de bouse de corne (500) et de silice de corne (501), en respectant les cycles lunaires pour les labours et les soutirages, et en favorisant l'enherbement naturel fleuri, ces vignerons d'élite redonnent vie aux sols. Les racines de la vigne descendent puiser les oligo-éléments à plus de dix mètres de profondeur dans la roche-mère, produisant des jus d'une vibrance, d'une salinité et d'une digestibilité éclatantes saluées par les guides gastronomiques du monde entier.
4. Les sentinelles de grès rose : Le Haut-Kœnigsbourg et la ligne de crête des Vosges
Dominant la plaine d'Alsace du haut de son éperon rocheux à 757 mètres d'altitude, le château du Haut-Kœnigsbourg dresse sa silhouette de forteresse colossale en grès rose des Vosges. Bâti au XIIe siècle par la dynastie impériale des Hohenstaufen pour contrôler les routes marchandes du sel et du vin, il fut pillé et incendié par les Suédois en 1633 durant la guerre de Trente Ans, restant en ruines romantiques pendant plus de deux siècles et demi.
4.1. La restauration monumentale de Guillaume II à l'aube du XXe siècle
C'est au début du XXe siècle, alors que l'Alsace était annexée à l'Empire allemand, que l'empereur Guillaume II confia à l'architecte Bodo Ebhardt la tâche gigantesque de reconstruire intégralement la forteresse médiévale selon des principes archéologiques d'une précision documentaire stupéfiante. Entre 1900 et 1908, des milliers d'ouvriers et tailleurs de pierre remontèrent les donjons, le grand bastion d'artillerie, les ponts-levis et les appartements seigneuriaux meublés de poêles en faïence Renaissance et de fresques héroïques.
Aujourd'hui propriété de la Collectivité Européenne d'Alsace et attirant plus de 550 000 visiteurs par an, le Haut-Kœnigsbourg offre depuis ses terrasses d'artillerie un panorama à 360 degrés vertigineux embrassant la plaine du Rhin, la Forêt-Noire allemande et, par temps clair, les cimes enneigées des Alpes bernoises suisses.
4.2. Les ruines romantiques de Ribeauvillé et le sanctuaire du Mont Sainte-Odile
Pour les amateurs de randonnée médiévale plus sauvage, le sentier des Trois Châteaux de Ribeauvillé (Girsberg, Saint-Ulrich et Haut-Ribeaupierre) permet de grimper au milieu des pins sylvestres et des rochers de grès pour explorer des donjons médiévaux en accès libre dominant les vignes de Riesling.
Plus au nord, le Mont Sainte-Odile s'élève à 763 mètres comme le cœur spirituel de l'Alsace. Fondé au VIIe siècle par sainte Odile, sainte patronne de l'Alsace née aveugle et ayant recouvré la vue lors de son baptême, ce couvent entouré par l'énigmatique « mur païen » (rempart cyclopéen de onze kilomètres de long dont les origines néolithiques ou celtiques défient encore les archéologues) est un haut lieu de pèlerinage, de sérénité et de randonnée en forêt vosgienne.
5. Gastronomie généreuse et art de vivre rhénan : L'esprit inimitable des Winstubs
Visiter l'Alsace sans s'attabler dans une authentique Winstub serait passer à côté de l'âme même de ce terroir généreux. À l'origine simples débits de vin où les vignerons écoulaient leur surplus au verre, les Winstubs sont devenues des sanctuaires de la convivialité populaire : tables de bois massif serrées, nappes à carreaux rouges d'alsacien (kelsch), boiseries patinées par les décennies et odeur alléchante de lard fumé et d'épices douces.
5.1. La choucroute d'Alsace IGP fermentée et le Baeckeoffe aux trois viandes
Le plat emblématique de la région est sans conteste la Choucroute d'Alsace protégée par une IGP (Indication Géographique Protégée). Produite à partir de choux pommés volumineux récoltés dans la plaine de Krautergersheim, la choucroute résulte d'une fermentation lactique naturelle de plusieurs semaines en cuves sans aucun ferment artificiel, conférant aux lanières de chou une texture croquante et une acidité rafraîchissante. Cuite doucement avec du vin blanc de Riesling, des baies de genièvre et servie garnie de saucisses de Strasbourg, de lard paysan fumé au bois de hêtre et d'échine salée, elle incarne la quintessence du plat réconfortant.
L'autre grand chef-d'œuvre de la cuisine dominicale alsacienne est le Baeckeoffe (littéralement « le four du boulanger »). Jadis, le lundi jour de lessive, les ménagères alsaciennes déposaient chez le boulanger du village leur terrine en terre cuite de Soufflenheim hermétiquement lutée avec de la pâte à farine. La terrine contenait des couches alternées de pommes de terre émincées, d'oignons et de trois viandes marinées 24 heures dans du vin blanc (bœuf, porc et agneau), qui mijotaient lentement dans la chaleur résiduelle du four à pain durant plus de quatre heures, donnant une viande fondante comme du beurre.
5.2. Les fermes-auberges des crêtes vosgiennes et le repas marcaire traditionnel
En grimpant sur la Route des Crêtes vosgiennes reliant Cernay au col du Bonhomme, le voyageur découvre une tradition agropastorale montagnarde vivante : les fermes-auberges. Les « marcaires » (éleveurs de vaches vosgiennes à robe mouchetée) y servent le traditionnel « repas marcaire » : potage paysan, tourte chaude à la viande hachée, « toffailles » (pommes de terre confites au beurre et aux lardons avec échine fumée), fromage de Munster AOP fermier au cumin, et tarte aux myrtilles sauvages (brimbelles).
Partager ce repas rustique au soleil couchant sur la terrasse d'une ferme d'altitude en observant les Vosges s'enfoncer dans la pénombre offre un contraste saisissant et complémentaire avec l'élégance aristocratique des dégustations de Grands Crus dans les caves de la plaine.
5.3. Tartes flambées au feu de bois du Kochersberg et affinage d'exception du Munster fermier
L'autre rituel indissociable de la convivialité rhénane demeure la tarte flambée (Flammekueche). Née dans les campagnes céréalières du Kochersberg et d'Alsace Bossue, elle servait à l'origine à tester la température du four à pain chauffé aux sarments de vigne. Étendue sur une pâte à pain très fine et croustillante, recouverte d'un appareil onctueux de fromage blanc battu (Bibeleskaes) et de crème fraîche épaisse, parsemée de lardons paysans et d'oignons émincés fondants, elle cuit en moins de deux minutes à chaleur ardente (près de 400 °C) jusqu'à ce que ses rebords soient légèrement noircis par les flammèches. Servie brûlante sur une planchette de bois brut, elle se découpe en morceaux roulés à la main et se déguste traditionnellement arrosée d'un Pinot Blanc bien frais ou d'une bière artisanale locale.
Pour clore ce festin bachique, le fromage de Munster AOP fermier au lait cru s'impose comme une pièce maîtresse. Affiné durant des semaines dans les caves humides de la vallée de la Fecht ou de Munster, frotté régulièrement à l'eau salée enrichie de ferments rouges (brevibacterium linens) ou parfois imbibé de marc de gewurztraminer, il développe une croûte orangée veloutée et une pâte crémeuse au parfum puissant mais à la saveur douce et beurrée en bouche. Marié à un Gewurztraminer Vendanges Tardives d'un millésime riche ou rehaussé de quelques graines de carvi sauvage, ce joyau fromager démontre l'incroyable raffinement gastronomique d'un territoire où chaque bouchée raconte des siècles de labeur paysan et d'amour du beau geste.
6. Tableau comparatif : Villages étapes phares, coteaux Grands Crus, châteaux et festivités
| Village Étape | Coteaux Grands Crus | Monuments & Patrimoine | Événement Phare | Conseil Visite Éco-responsable |
|---|---|---|---|---|
| Colmar | Steingrubler, Florimont | Petite Venise, Maison des Têtes, retable d'Issenheim au musée Unterlinden. | Foire aux Vins d'Alsace (août) | Visite à pied ou en barque électrique sur la Lauch, gare TGV en centre-ville. |
| Riquewihr | Schoenenbourg, Sporen | Tour du Dolder (XIIIe s.), remparts doubles, maisons de vignerons XVIe. | Marché de Noël traditionnel | Parc relais extérieur obligatoire, accès piétonnier intégral dans la cité. |
| Eguisheim | Eichberg, Pfersigberg | Trois enceintes concentriques, château comtal, fontaine Saint-Léon. | Fête des Vignerons (fin août) | Étape vélo direct à 6 km de Colmar par les chemins viticoles balisés. |
| Kaysersberg | Schlossberg | Pont fortifié en grès rose, donjon circulaire médiéval, maison natale d'Albert Schweitzer. | Marché de Noël authentique | Montée à pied au château par le sentier des terrasses viticoles (15 min). |
| Ribeauvillé | Geisberg, Kirchberg, Osterberg | Les 3 châteaux forts médiévaux, tour des Bouchers, couvent des Augustins. | Pfifferdaj (Fête des Ménétriers) | Navette électrique communale reliant la gare de Sélestat aux villages. |
7. Demeures alsaciennes de charme et connectivité : Hospitalité chaleureuse et multimédia haut débit
L'accueil touristique en Alsace conjugue avec bonheur le respect des traditions séculaires et le confort technologique le plus abouti. Les maisons de maître viticoles transformées en hôtels de charme, les gîtes aménagés sous les poutres sculptées des greniers à colombages et les éco-lodges adossés aux coteaux de vignes offrent aux visiteurs une expérience intime et raffinée.
Après avoir arpenté les ruelles pavées de Riquewihr ou gravi les marches du Haut-Kœnigsbourg, retrouver le confort d'un salon alsacien pour déguster un verre de Crémant d'Alsace tout en accédant à des retransmissions sportives en haute définition, à des plateformes de vidéo à la demande ou à des chaînes documentaires internationales fait partie intégrante des attentes des voyageurs. La garantie de flux multimédias fluides, sans temps de chargement ni déconnexion impromptue — à l'instar des architectures réseau résilientes que nous évaluons régulièrement dans nos études comparatives sur leaderiptv.fr —, constitue un vecteur d'attractivité essentiel pour les propriétaires d'hébergements de standing en Alsace.
Cette alliance harmonieuse entre la richesse du patrimoine historique rhénan et la modernité des télécommunications démontre la vitalité d'une région qui sait accueillir le monde sans jamais renier ses racines.
8. Foire aux questions (FAQ) sur les séjours et circuits sur la Route des Vins d'Alsace
Quelle est la meilleure période de l'année pour parcourir la Route des Vins d'Alsace ?
L'automne (de mi-septembre à fin octobre) est sans conteste la période la plus magique : les vendanges battent leur plein, le feuillage des vignes se pare d'un or étincelant sous le soleil doux, et l'on peut déguster le « vin nouveau » (Neier Siesser) accompagné de pain aux noix et de lard paysan. Le mois de décembre est également féerique pour l'ambiance des marchés de Noël authentiques, tandis que le printemps offre des villages fleuris et des sentiers calmes.
Combien de jours faut-il prévoir pour visiter sereinement la Route des Vins ?
Un séjour de 4 à 5 jours est recommandé pour prendre le temps d'apprécier la région : 1 journée pour Colmar et son musée Unterlinden, 2 jours pour rayonner dans les villages médiévaux majeurs (Riquewihr, Eguisheim, Kaysersberg) avec dégustations chez les vignerons indépendants, 1 journée pour le château du Haut-Kœnigsbourg et les ruines vosgiennes, et 1 journée sur la Route des Crêtes pour goûter au repas marcaire en ferme-auberge.
Les dégustations de vins dans les caveaux sont-elles payantes en Alsace ?
Chez la très grande majorité des vignerons indépendants familiaux, la dégustation au comptoir reste traditionnellement gratuite et conviviale si elle est suivie de l'achat de quelques bouteilles. Pour les grands domaines de renommée internationale ou les formules thématiques guidées (visite des caves historiques avec accords mets et vins ou dégustation verticale de vieux millésimes), un forfait dégustation modique (généralement entre 10 et 20 euros par personne) est appliqué.
Qu'appelle-t-on les mentions « Vendanges Tardives » et « Sélection de Grains Nobles » ?
Ce sont des mentions prestigieuses réservées aux quatre cépages nobles d'Alsace (Riesling, Muscat, Pinot Gris, Gewurztraminer). Les « Vendanges Tardives » (VT) proviennent de raisins surmûris récoltés plusieurs semaines après le ban des vendanges officiel, développant des arômes intenses de fruits confits et de miel. Les « Sélections de Grains Nobles » (SGN) sont issues de baies cueillies grain par grain à la main atteintes par la pourriture noble (Botrytis cinerea), produisant des nectars liquoreux d'une concentration et d'une complexité sublimes qui défient le temps.
Peut-on visiter les villages viticoles sans voiture individuelle ?
Oui, très facilement. La ligne ferroviaire TER Fluo Grand Est relie Strasbourg, Sélestat et Colmar avec des trains toutes les demi-heures. Depuis les gares de Colmar et Sélestat, des lignes de cars régulières (notamment le réseau Kut'zig, bus touristique décapotable fonctionnant en formule hop-on hop-off) desservent en boucle les villages de Ribeauvillé, Hunawihr, Riquewihr, Kaysersberg et Eguisheim tout au long de la journée.